Union Intersyndicale - Université de Toulon

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

samedi 1 février 2020

Entrevue Sud éducation et Sud Recherche EPST avec Frédérique Vidal le 15 Janvier 2020

SUD éducation et SUD Recherche EPST ont été conviés à une rencontre avec Frédérique Vidal – ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (ESRI) – mercredi 15 janvier à 18h30. Initialement invités « Dans le cadre des négociations sur la réforme des retraites », nous nous apprêtions à refuser de discuter d’un projet contre lequel nous sommes mobilisé-e-s et dont nous demandons le retrait. Mais le ministère a fait un correctif pour nous indiquer qu’il s’agirait de faire un point sur le chantier du projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). N’ayant aucune information quant aux arbitrages du ministère depuis la publication, en septembre 2019, des rapports des groupes de travail ad hoc 1, nous avons fait le choix de rencontrer la ministre dans le but d’obtenir des informations après avoir reçu l’assurance qu’aucun amalgame ne serait fait avec un système de retraites dont nous ne voulons pas. (Message ci-dessous)

Madame la Ministre, Nous avons bien reçu votre invitation à une réunion bilatérale le mercredi 15 janvier, 18h30. Nous nous sommes permis de la faire suivre à nos camarades de SUD Recherche EPST avec qui nous travaillons étroitement dans le cadre de l’union syndicale Solidaires et qui, nous semble-t-il, n’avaient pas été convié-e-s. Le message d’invitation indiquait que cette réunion se situerait « dans le cadre des négociations sur la réforme des retraites ». Vous ne pouvez ignorer que notre fédération, tout comme SUD Recherche EPST ou encore l’union syndicale Solidaires demandent le retrait du projet de transformation du système de retraite. Ce projet reste à nos yeux ni amendable, ni négociable. Aussi, nous refuserons toute discussion en lien avec une réforme que nous rejetons dans son ensemble. Cela ne veut bien évidemment pas dire que le statu quo nous satisfait. Nous pensons que d’autres voies d’amélioration du système actuel sont possibles. Par contre, à l’occasion d’un échange téléphonique, votre secrétariat nous a indiqué que les discussions porteraient sur le projet de Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). Les seuls éléments en notre possession concernant ce projet, à l’heure actuelle, sont les trois rapports des groupes de travail sur lesquels nous avons déjà eu l’occasion d’exprimer notre total désaccord quant aux pistes proposées pour apporter des solutions au constat partagé des nombreux problèmes auxquels le service public d’enseignement supérieur et de recherche doit, aujourd’hui, faire face. Nous sommes toutefois disposé-e-s à prendre connaissance des orientations choisies par le ministère pour l’élaboration de ce projet de loi même si nous aurions préféré pouvoir en faire l’analyse avant de les discuter. Nous sommes donc disposé-e-s à venir échanger avec vous et à vous faire part de nos revendications concernant l’ESR ainsi que les femmes et les hommes qui le font vivre. Dans l’attente de votre réponse, veuillez recevoir, Madame la Ministre, l’assurance de notre profond attachement à un service public d’enseignement supérieur et de recherche égalitaire et émancipateur. C’est dans son bureau que Frédérique Vidal, accompagnée de Pauline Pannier – Directrice adjointe de cabinet –, nous a accueilli pour nous faire un point rapide sur l’avancement du projet LPPR. Nous n’aurons aucune information concrète sur le prochain texte de loi. Le ministère est en phase de concertation avec le gouvernement sur les aspects techniques du projet. Les pistes abordées par la ministre se basent sur le contenu des rapports : Attractivité des carrières : la ministre a réaffirmé sa volonté que l’ensemble des métiers de l’ESR soit concerné. Le ministère travaille sur de nouveaux outils (tenure track, contrat de projet, CDI de mission…), il souhaite mettre l’accent sur la question des doctorant-e-s (comment attirer et garder les jeunes talents) et sécuriser à la fois l’accueil des étudiant-e-s étranger-e-s et l’éméritat. Des réflexions sont également engagées pour les personnels BIATSS ou encore pour simplifier les procédures administratives. Concernant la revalorisation du niveau des rémunérations, qualifié de « indécent » sinon « indigne » dans les rapports, la ministre nous a simplement rappelé qu’elle n’avait pas la possibilité de pouvoir augmenter le point d’indice de la fonction publique (dont nous venons d’apprendre qu’il sera gelé pour les deux années à venir). Les leviers restants seraient donc principalement l’indemnitaire (les primes) et, dans un second temps, l’indiciaire (le salaire), mais par modification des grilles. Elle nous a informé de sa volonté de travailler sur des mesures réglementaires concernant ces grilles indiciaires après le vote de la LPPR. Pour le financement : Après nous avoir fait part de son désir de redynamiser les financements de base, la ministre nous a indiqué que cela se ferait par le biais du renforcement du budget de l’ANR en se fixant comme double objectif, d’une part augmenter le taux de succès ; d’autre part de compléter les sommes allouées par l’ANR pour permettre par le mécanisme du préciput d’abonder les fonds propres des structures (laboratoires, établissements). Rien sur les crédits récurrents. Nous avons réagi pour expliquer que nous étions toujours dans le flou sur le projet du ministère et dans l’attente des arbitrages. Notre analyse se base sur le contenu des rapports, qui sont les seuls documents que nous ayons à l’heure actuelle. Si nous en partageons une grande partie des constats alarmants sur le service public de l’ESR dégradé et au bord de l’asphyxie, des carrières et des conditions de travail peu attractives, une précarité galopante, un manque de moyens évident... il nous semble que ces trois rapports ne proposent ni évaluation de l’impact des politiques publiques ni analyse sérieuse des causes qui font que nous en sommes arrivés là. Les préconisations proposent d’aller encore plus loin dans cette logique délétère. Des remèdes pires que le mal pour une prescription lourde de conséquences ! Concernant l’augmentation des financements sur appel à projet, même rebaptisés financements compétitifs, nous considérons ce mode de financement toxique pour de multiples raisons : la mise en concurrence de tou-te-s contre tou-te-s, il favorise la compétition plutôt que la collaboration, il génère de la précarité et ne permet pas de se projeter dans le moyen et encore moins le long terme. De plus, lié à l’évaluation, il a tendance à « arroser là où c’est déjà mouillé ». Nous avons insisté sur le fait que ceci ne résoudrait pas les problèmes des laboratoires moins dotés en ANR. Il nous semble essentiel que les crédits récurrents soient suffisants pour permettre à chacun-e de mener à bien ses projets de recherche. La communauté rejette à une immense majorité le financement sur appel à projet. Nous trouvons ce choix paradoxal alors même qu’aucune évaluation de l’impact de l’ANR n’a été réalisée malgré nos demandes. (La ministre nous assure qu’une telle évaluation sera prochainement disponible.) Sur le volet RH, difficile d’aborder tous les points de désaccord avec les pistes proposées dans les rapports, en gros : nous ne sommes pas du tout d’accord. Nous avons rappelé notre opposition à tout système de prime a fortiori quand il est injuste, individualisé. Les nouveaux outils RH innovants sont une multitude de dispositifs visant à précariser toujours plus l’ESR. Nous avons insisté sur le recours abusif aux « vacataires » qui n’est jamais abordé dans les rapports et la nécessité d’en faire un bilan complet pour mesurer l’ampleur du problème. Nous avons également parlé des recrutements aberrants pour les BIATSS, notamment les catégories C et B souvent surdiplômé-e-s ou encore de la faiblesse des rémunérations et de l’impact sur nos salaires de 10 années de gel du point d’indice. Nous avons aussi rappelé que nous nous étions opposés au protocole PPCR 2, notamment parce que les agent-e-s catégories B et surtout C avaient été largement oublié-e-s. Si le ministère n’a pas de marge de manœuvre pour modifier les grilles de ces agent-e-s qui sont communes à l’ensemble de la fonction publique, il est de sa responsabilité d’améliorer les carrières en augmentant les possibilités de promotion. Enfin, nous avons demandé si des ouvertures massives de postes de titulaires étaient prévues. La ministre a insisté sur le fait que la loi permettrait un schéma d’emploi à horizon 7 ou 10 ans, sans répondre clairement à notre question. Quant à la volonté de simplification, nous avons souligné que les lois successives (avec actuellement les établissements expérimentaux prévus par l’ordonnance de décembre 2018) changent sans cesse le fonctionnement de l’ESR, ce qui ne permet pas de se projeter dans l’avenir. Force est de reconnaître que notre système d’ESR tout comme notre quotidien au travail ont été rendus extrêmement complexes à grands coups de lois dites « de simplification ». Aussi, quand un-e ministre nous parle de simplification nous ne sommes pas vraiment rassuré-e-s. Comme Frédérique Vidal avait un autre rendez-vous, nous avons souhaité lui poser deux questions : La première concerne les interventions du Premier Ministre qui a tendance à associer le volet revalorisation de LPPR et les éventuels rattrapages qu’il faudrait opérer si la réforme des retraites passait pour garantir le niveau de pension des « enseignant-e-s et chercheur-e-s ». Nous rappelons que la ministre a toujours tenu à dissocier les deux chantiers de réformes et que, en même temps, sa volonté de revalorisation s’adressait à l’ensemble des personnels. Nous lui demandons d’en glisser un mot au premier ministre et de lui rappeler que nous ne voulons pas du projet de transformation du système des retraites. La ministre confirme qu’elle n’a changé de position ni sur le fait de dissocier LPPR des retraites ni sur celui de prendre en considération toutes les catégories de personnel. La seconde porte sur le calendrier parlementaire qui pourrait ne pas être tenu. La ministre nous a indiqué que le texte ne serait pas long, à peine quelques articles. Sa discussion pourrait se faire en seulement quelques jours et il est, de plus, jugé prioritaire par le gouvernement dans son ensemble. Le calendrier devrait ne poser aucun problème. Bilan : nous n’avons aucun élément concret nouveau. Nos demandes répétées de précisions sur les arbitrages n’ont pas reçu de réponse claire. Comme à l’accoutumé avec ce gouvernement, on dialogue dans le brouillard avec des gens qui savent où ils veulent aller mais se gardent bien de le dire. Le même dialogue faussé que d’habitude...

vendredi 31 janvier 2020

Motion section CNU N°11 : « Études Anglophones »

La 11e section du CNU, réunie en assemblée plénière le 30 janvier 2020, rappelle son attachement aux missions nationales du CNU, instance garante d’équité, d’impartialité, d’expertise et de collégialité dans l’appréciation des différents aspects de la carrière des enseignants-chercheurs. La section demande que, fort de cette expertise, le CNU soit étroitement associé à l’élaboration de tout projet relatif à l’enseignement supérieur et à la recherche.

La section rejette largement les propositions évoquées dans les rapports préalables au futur projet de loi de programmation pluriannuelle de la recherche : la suppression de la procédure de qualification, de la clause d’accord des intéressés pour la modulation des services, de la référence aux 192 heures (équivalent TD) d’enseignement et donc de la rémunération des heures complémentaires, ainsi que la création de nouveaux contrats de travail d’exception aux dispositions statutaires (« tenure tracks », « CDI de mission »).

Forte de sa connaissance des difficultés de l'emploi universitaire, la section considère que les conditions nécessaires d’exercice des missions d’enseignement et de recherche passent notamment par :

·un renforcement de l’emploi permanent et statutaire, pour lutter contre la précarité croissante des docteurs et des personnels de l’Enseignement supérieur et de la recherche ;

·une juste rémunération des enseignants-chercheurs par une véritable revalorisation salariale ;

·la garantie et l’augmentation significative des budgets récurrents des laboratoires sur l’ensemble des établissements afin de permettre à tous les enseignants-chercheurs d’avoir les moyens de mener leurs missions sans avoir nécessairement recours à des appels à projets, qui reposent sur la mise en concurrence, contre-productive, des établissements et des chercheurs ;

·une augmentation significative du nombre de CRCT (congés de recherche), conformément à ce qui était prévu dans les statuts de 1984 (avoir un congé recherche tous les 7 ans).

Pour préserver l’avenir de la recherche et de l’Université publiques nous restons mobilisés.

Texte adopté à l'unanimité après vote à bulletin secret des 45 membres présents.

Motion sur les retraites

La 11e section du CNU réunie en assemblée plénière le 30 janvier 2020, émet les plus vives inquiétudes quant au projet de réforme des retraites présenté par le gouvernement et dont les modalités actuelles aboutiront à une brutale diminution des pensions, en particulier pour les femmes. Pour l’heure, la principale piste annoncée de la part du gouvernement pour compenser les pertes très élevées subies par les enseignants-chercheurs est la voie indemnitaire ; or, les primes ne concernent qu’une minorité d’entre eux, et elles ne sauraient compenser le gel du point d’indice. La section s’inquiète de l’amplification des inégalités de rémunération et de pensions qui résulterait de l’instauration de ce système de retraite dit universel.

Texte adopté  après vote à bulletin secret : 42 oui, 2 non.

jeudi 23 janvier 2020

Droit étudiants dans les Universités ...

https://www.snesup.fr/article/une-reforme-de-la-procedure-disciplinaire-qui-restreint-les-droits-des-etudiant-es-lettre-flash-ndeg-3-du-21-janvier-2020

lundi 20 janvier 2020

RETRAITES : RETRAIT DU PROJET DE RÉFORME ! LPPR : NON À LA CASSE DU STATUT !

samedi 18 janvier 2020

Alors que la mobilisation se poursuit contre la réforme des retraites, avec la grève de plus d’un mois partout en France, à la RATP, à la SNCF, à l’énergie, dans le secteur pétrolier, les ports, les écoles, collèges et lycées, et, bien sur, dans les universités, le gouvernement consulte sur la loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR). La CGT FERC Sup refuse le chantage qui consisterait à accepter la réforme des retraites, injuste et rétrograde, en échange de promesses de revalorisations salariales, sans doute uniquement sous forme de prime.

La CGT FERC Sup revendique toujours avec force le retrait de la réforme des retraites et des augmentations de traitement (augmentation importante de la valeur du point d’indice, revalorisation des grilles) sans contrepartie ou compromis . Elle revendique une augmentation immédiate des salaires de 400€ par mois pour tous, avant une ré-évaluation du point d’indice de 20 %, et une revalorisation des grilles à la hauteur de l’évolution des qualifications.

Dans ce cadre, les résultats des groupes de travail sur la LPPR dressent parfois des constats que nous partageons et clamons depuis longtemps. Par exemple, « le constat unanime a été dressé d’un niveau anormalement bas – « indécent » sinon « indigne » - des rémunérations versées en début de carrière » (et nous ajoutons pour tous les personnels et pour toute la carrière). La baisse des crédits de base des laboratoires a atteint un niveau critique, or ce financement récurrent est primordial pour « soutenir la base « culturelle » de nos connaissances et la recherche poussée par la curiosité et la créativité ».

En revanche, les propositions ou annonces visant à plus de précarité, à augmenter les primes au mérite, à valoriser la prétendue « excellence » (augmenter les « chaires »), à faire exploser le cadre national du service d’enseignement (modulation de service) et la procédure de qualification collégiale nationale , à créer une voie contractuelle en concurrence avec les maîtres de conférence fonctionnaires (« tenure-track », CDI de projet)… ces propositions ne peuvent qu’inquiéter. La CP-CNU a raison de déclarer :

« (..) son attachement aux missions nationales du CNU, instance garante d’équité, d’impartialité, d’expertise et de collégialité dans (..) différents aspects de la carrière des enseignants-chercheurs. (..) s’alarme (..) la suppression de la procédure de qualification, de la clause d’accord des intéressés pour la modulation des services, de la référence aux 192 heures (équivalent TD) d’enseignement et donc de la rémunération des heures complémentaires, ainsi que la création de nouveaux contrats de travail d’exception aux dispositions statutaires.(..) équivaudraient à une remise en cause du statut d’enseignant-chercheur et des fonctions du CNU. ».

Le gouvernement est le spécialiste des consultations multiformes et épuisantes pour ensuite décider ce qu’il veut. On l’a vu avec la loi ORE et les retraites.

La CGT FERC Sup exige que le gouvernement sorte du bois et présente son projet de texte LPRR, sur lequel il pourra communiquer auprès des personnels. La CGT FERC Sup déclare d’ores et déjà qu’elle s’opposera avec force à toute remise en cause des statuts particuliers des personnels de l’ESR (BIATSS, enseignants, enseignants-chercheurs) et toute mesure qui augmenterait encore la précarité, le financement par projet et la politique « d’excellence ».

La CGT FERC Sup continue d’appeler à mobiliser dans les établissements du Supérieur contre le projet de réforme par points et dés maintenant à informer et mobiliser sur la LPPR. Organisons partout des AG pour que les personnels décident de la grève et de sa reconduction jusqu’au retrait . Montreuil, le 17 janvier 2020

samedi 18 janvier 2020

Appel à un moratoire sur la LPPR

http://www.sauvonsluniversite.fr/spip.php?article8602

- page 1 de 2