Union Intersyndicale - Université de Toulon

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mercredi 22 janvier 2020

24 Janvier : le retrait maintenant !

poing

Une mobilisation impossible? Quand les universitaires confondent la lutte et l’autopunition

20 janv. 2020 Par Les Invités De Mediapart Blog : Le blog de Les invités de Mediapart Dans un mouvement de grève contre la réforme des retraites d'une durée extraordinaire, «l’Université reproduit mécaniquement des formes d’action dont nous devons interroger radicalement l’efficacité et l’intérêt» analysent Ronan de Calan et Geoffroy de Lagasnerie. Ils exhortent l’ensemble du monde universitaire à «repenser son imaginaire de la lutte, inventer de nouvelles formes de mobilisation et de présence dans l’espace public».

L’actuel mouvement contre la réforme des retraites est d’une durée et d’une étendue extraordinaires. Les différents secteurs en lutte se sont appuyés sur des formes traditionnelles d’action dont l’efficacité n’est plus à démontrer – débrayages, blocages du système productif et des moyens de transport, manifestations monstres – mais en ont aussi inventé de nouvelles, avec parfois une créativité remarquable : les avocats jettent leurs robes, les médecins leurs blouses, les chefs de clinique démissionnent collectivement, les professeurs jettent manuels et copies devant le rectorat, les pompiers arrosent les bâtiments administratifs, les danseurs de l’opéra de Paris interprètent Le lac des cygnes sur le parvis de l’opéra Garnier, les clips parodiques se multiplient, etc. Partout, l’opinion publique est alertée et elle se mobilise activement.

L’Université semble avoir choisi pour sa part, comme par défaut, la forme de mobilisation la plus traditionnelle et la moins efficace : la grève et les blocages. Depuis quelques semaines se multiplient les annonces de suspension des activités académiques en solidarité avec le mouvement : grève des cours, grève des séminaires, grève des revues, grève des laboratoires, blocage des centres… Comme si, s’assimilant à un secteur productif comme les autres, l’Université pensait que l’interruption de ses activités pouvait avoir quelque effet en dehors de sa sphère propre. Comme si le pouvoir allait trembler parce que telle revue ne paraîtrait pas, ou tel séminaire serait annulé.

Alors que tant de secteurs font preuve d’imagination, l’Université reproduit mécaniquement des formes d’action dont nous devons interroger radicalement l’efficacité et l’intérêt. Il y a un problème évident à ce qu’une mobilisation universitaire n’existe et ne se conçoive qu’à partir d’un modèle unique et un unique horizon d’action, la grève ou le blocage, à l’imitation des secteurs productifs où se sont formés les premiers syndicats et où sont nées les premières luttes. En effet, l’Université n’est pas un secteur productif comme les autres : on y produit... des idées. Y faire une grève « ordinaire », c’est simplement renoncer à produire des idées.

Selon nous, le premier point sur lequel la grève pourrait avoir comme telle une réelle efficacité, serait de renoncer à produire des diplômes, qui constituent l’unique produit sur ce qui est devenu un « marché » de l’enseignement supérieur, et l’unique levier d’action sur les pouvoirs publics. Mais l’Université tient à ce pouvoir comme aux conditions de sa survie : on accepte aujourd’hui de renoncer à enseigner ou à rechercher, mais pas à produire des diplômes et accréditations. Personne n'est prêt à le faire : ni les présidences, ni les cadres administratifs, ni les enseignants, ni a fortiori les étudiants qui même en cas d’ « année blanche » réclament des diplômes. À partir du moment où les diplômes peuvent être produits, sont toujours distribués, même sans formation ou avec une formation altérée, la « grève » à l’Université, avec cessation de toute activité d’enseignement et de recherche, ne correspond qu’à une autopunition et à une condamnation des intellectuels au silence.

Bref, si la grève générale à l’échelle interprofessionnelle a un sens évident car elle est un blocage général du système productif, la grève générale à l’Université est une condamnation collective à l’impuissance et un maintien de l’ordre universitaire, puisqu’à la fin ce sont les professeurs qui décident des modalités de rattrapage des examens et qui très souvent imposent la reprise aux étudiants.

Avec la grève, l’importation directe vers l’Université d’un certain nombre de modes d’action efficaces ailleurs a d’autres effets paralysants : tel le réflexe consistant à convoquer régulièrement des « assemblées générales » alors même qu’aucune condition matérielle n’est réunie pour que des assemblées de cette nature se tiennent … Tel encore le blocage : à l’université, le blocage comme instrument politique est littéralement superposable ou assimilable à la fermeture administrative. Que les acteurs soient distincts, étudiants, enseignants ou personnel administratif d’un côté, présidences de l’autre, ne change rien à l’arbitraire du geste et à son absence de sens politique. Les blocages peuvent certes avoir un intérêt pour amorcer un mouvement mais ils ne sauraient être conçus comme une finalité. Depuis quelques temps d’ailleurs, la gestion de plus en plus sécuritaire des présidences d’université conduit celles-ci à anticiper le cycle de mobilisation et à décréter la fermeture administrative ou le maintien sous bonne garde d’une ouverture partielle, soit la semi-clôture. La « mobilisation » universitaire prend sinon très vite la forme d’une université immobilisée, d’une université morte…

Nous invitons en conséquence aujourd’hui l’ensemble du monde universitaire à reconsidérer ses modes d’action dans ce mouvement social décisif. L’Université doit repenser son imaginaire de la lutte, inventer de nouvelles formes de mobilisation et de présence dans l’espace public. Renoncer à produire des diplômes pourrait constituer une première voie en ce sens. Mais de manière générale, se mobiliser devrait aussi et surtout consister à garantir et faire vivre une Université ouverte à toutes et à tous, tout le temps - à faire de l’Université un foyer de la critique. Non pas la fermer mais au contraire la revivifier. Les universitaires ont une arme : ce sont les idées – ils ont des lieux pour les discuter, les échanger, les répandre : ce sont les universités. Se priver par les grèves, les blocages, les fermetures de centres et les suspensions de revue, des conditions de la production d’analyse, de critique et de contre-proposition, ce n’est pas lutter, c’est s’autodétruire comme secteur en lutte.

mardi 21 janvier 2020

Nous sommes majoritaires ! Continuons ensembles !

appel 24 janvier

mercredi 18 décembre 2019

Motion de l’Assemblée générale nationale de coordination des facs et labos en lutte réunie le 14 décembre 2019 à Bagnolet

https://universiteouverte.org/2019/12/16/motion-de-lassemblee-generale-nationale-de-coordination-des-facs-et-labos-en-lutte-reunie-le-14-decembre-2019-a-bagnolet/

L’assemblée générale nationale de coordination des facs et labos en lutte réunie le 14 décembre 2019 à Bagnolet a rassemblé des étudiant·es, des enseignant·es-chercheur·ses, enseignant·es, chercheur·ses, personnels ingénieur·es, administratifs, techniques, sociaux et de santé et des bibliothèques (BIATSS), venu·es de plusieurs établissements.

L’assemblée générale constate que la réforme des retraites n’est qu’un aspect des politiques néolibérales mises en place par les gouvernements successifs depuis une trentaine d’années. La violence de ces politiques qui empêchent de travailler sereinement, de se nourrir correctement, de se loger dignement ; la violence de ces politiques qui tuent, appelle une mobilisation plus déterminée. Il est urgent de prendre conscience de la situation actuelle et de sortir de nos routines. La réforme des retraites ne peut être isolée des autres réformes passées ou en cours, celle de l’assurance chômage, celles qui touchent l’éducation nationale et l’enseignement supérieur (loi ORE et Parcoursup, Réforme Blanquer, augmentation des frais d’inscription à l’université, notamment pour les étudiant·es étranger·es extra-européen·nes, réforme du recrutement et de la formation des enseignants du second degré, LPPR…).

Ces différentes réformes contribuent à la précarisation croissante de tou·tes, y compris dans l’ESR : étudiant·es français·es et étrangèr·es surtout, enseignant·es-chercheur·ses, enseignant·es, chercheur·ses, personnels BIATSS.

La préparation de la Loi Pluriannuelle de Programmation de la Recherche, loin d’apporter des éléments pour lutter efficacement contre la précarité et la surcharge de travail des personnels des facs et des labos, annonce une destruction des dernières garanties sur les conditions de travail, en particulier des enseignant·es-chercheur·ses : modulation de service obligatoire, non paiement des heures complémentaires (fin des 192h de service), CDI-chantier, titularisations encore plus rares et tardives (tenure track). La LPPR c’est aussi l’aggravation de l’Université à deux vitesses, pénalisant la plupart des étudiant·es et des personnels : quelques universités d’excellence très bien financées, avec des statuts dérogatoires et des primes, et des étudiants d’origine favorisée d’un côté ; un système universitaire délaissé, limité au niveau licence pour l’essentiel, avec des personnels toujours plus précaires, sans moyens pour mener de la recherche, pour la majorité des étudiants et étudiantes d’origine sociale populaire ou intermédiaire.

Notre lutte s’inscrit dans la défense du principe de solidarité et des services publics. Elle vise à défendre l’université comme lieu ouvert à tout·es. Pour une université critique des politiques néolibérales en son sein et dans l’ensemble de la société. Pour une recherche et un enseignement libres et indépendants des intérêts du marché. Créons des lieux et des outils pour produire des savoirs qui nous émancipent ! L’Assemblée Générale appelle à amplifier les luttes localement et au niveau national, pour étendre la mobilisation au sein de l’ESR et pour faire converger tou·tes celles et ceux qui luttent.

REVENDICATIONS Pour un service public de l’enseignement et de la recherche de qualité, l’assemblée générale du 2 décembre proposait les revendications suivantes :

– Pour une université gratuite et accessible à toutes et tous et une recherche scientifique publique au service de toutes et tous.

– Pour la titularisation de tout·es les précaires qui remplissent des fonctions pérennes au sein de l’ESR, quel que soit leur statut (doctorant·es, postdoctorant·es, contractuel·les, vacataires…) et pour un plan de recrutement massif de titulaires à la hauteur de l’augmentation du nombre d’étudiant·es et des besoins publics de recherche, en accord avec la plateforme de 2016 des précaires de l’ESR, à laquelle le mouvement souscrit.

– Pour la contractualisation des vacations, la mensualisation des paiements, le respect de la législation en vigueur et pour une véritable revalorisation des rémunérations.

– Pour la création massive de postes pérennes à la hauteur de la mission de service public que nous assurons. Contre la casse du statut de fonctionnaire (refus des CDI-chantier, des tenure track qui ouvrent la voie à la remise en cause des statuts de MCF et de CR) ; contre la dérégulation des carrières ; pour la revalorisation du point d’indice ; contre la modulation des services des enseignant·es-chercheur·ses, pour la réduction du temps de travail de l’ensemble des personnels de l’ESR.

– Pour la suppression de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et des autres outils de management néolibéral de l’université et de la recherche.

– Contre l’imposition du modèle de l’entreprise privée à l’ESR (et la concurrence généralisée et déloyale qui creuse les inégalités existantes et la précarisation de tous les personnels).

– Pour la mise en place de moyens effectifs de lutte contre toutes les discriminations.

– Pour la création de postes pour les candidat·es injustement déclassé·es aux concours CNRS des années précédentes, dont la situation illustre l’étendue de la précarité dans les métiers de la recherche, les tentatives d’imposer un pouvoir gestionnaire discrétionnaire au détriment de l’évaluation par les pairs et l’importance des discriminations subies tout au long des carrières dans l’ESR.

– Pour une véritable démocratie universitaire, contre l’augmentation du pouvoir gestionnaire des directions des universités et des établissements de recherche (refus du contournement des instances nationales d’évaluation par les pairs – CNU, Comité national du CNRS).

– Pour des mesures efficaces de lutte contre la précarité étudiante (revalorisation des bourses à court terme, création d’un salaire étudiant à moyen terme, création de logements étudiants salubres et à faible loyer, amélioration de l’accès à la médecine universitaire).

– Pour la réintégration des services sous-traités au sein de l’ESR (entretien, sécurité, restauration, accueil, services sociaux et de santé).

L’assemblée générale nationale de coordination des facs et labos en lutte du 14 décembre a voté ces revendications, et ajouté les suivantes :

– Pour la réouverture des sites universitaires fermés autoritairement depuis le 5 décembre.

– Pour la suppression du statut d’agent temporaire vacataire.

– Pour la suppression de la Conférence des présidents d’université (CPU).

– Contre l’augmentation du temps de travail des BIATSS et ITA.

– Pour la démission d’Antoine Petit, PDG du CNRS, et de Frédérique Vidal, ministre de l’ESR.

ACTIONS Depuis le début du mois de décembre, des luttes sont en cours partout en France. L’AG appelle à poursuivre les luttes localement et au niveau national, pour amplifier la mobilisation au sein de l’ESR et pour renforcer la solidarité avec tou·tes celles et ceux qui luttent.

Lors de l’AG, ont été adoptées au consensus les actions suivantes :

– Rendez-vous universités/recherche à quelques centaines de mètres de la manifestation mardi 17/12, pour se coordonner ensuite avec les collègues de l’Éducation nationale : à Paris, rendez-vous au jardin May Picqueray à 12h30 (94 bd Richard Lenoir, Paris 11e) avant de rejoindre ensuite le cortège commun IdF de la maternelle à la fac.

– Se joindre aux mobilisations interprofessionnelles et à tous les secteurs en lutte.

– Occuper des lieux dans les universités pour les ouvrir à toutes les luttes en cours.

– Demander des comptes aux président·es d’université et mettre en cause la responsabilité de la Conférence des président·es d’université.

– Reporter ou annuler les évènements scientifiques pendant la durée de la grève.

– Rejoindre la grève suivant diverses modalités en cette période d’examen (validation universelle/grève des examens/grève des corrections/rétention des notes) qui devront être coordonnées.

– Suspendre immédiatement le recrutement de vacataires en urgence pour le prochain semestre.

A été adopté à l’unanimité des présent·es le calendrier suivant :

– Se joindre à la mobilisation du 11 janvier 2020 « Blanquer Vidal, il faut les sortir ».

– Organiser un événement propre à l’ESR à la mi-janvier 2020.

– Organiser des États généraux de l’ESR les 1 et 2 février 2020.

– Construire un ultimatum pour la mi-février : à cette date, on arrête tout si on n’obtient pas satisfaction.

Établissements représentés : université d’Angers, université de Bordeaux, université de Bourgogne, Campus Condorcet, Cnam, UPEC, EHESS, ENS Ulm, ENS Jourdan, INSPE Paris, Lille, UPEM, Muséum d’histoire naturelle, université Paris Nanterre, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris 3, université Paris-Descartes, université Paris Diderot, université Paris 8, université Paris 13, université Paris-Saclay, université Paris Sud, université de Poitiers, centre CNRS Pouchet, université de Rennes 2, Sorbonne Université, université de Tours, avec la participation de collègues enseignant·es également en BTS.

Participation de syndicalistes de la FERC CGT, du SNCS-FSU, du SNESUP, du SNTRS, de Sud Éducation, de Solidaires étudiant·es, de Sud Recherche EPST et de membres de Sauvons l’Université et Université Ouverte.

mardi 17 décembre 2019

Manifestation du 17_12_2019

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