Union Intersyndicale - Université de Toulon

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jeudi 2 avril 2020

POUR UN TRAITEMENT MOINS INÉGALITAIRE, UN REPORT DE LA PROCÉDURE D’AFFECTATION «PARCOURSUP » EST INDISPENSABLE

Malgré la situation de confinement due au coronavirus, le calendrier Parcoursup est maintenu sous prétexte que la procédure est totalement dématérialisée 1. Les élèves ont donc jusqu’au 2 avril pour compléter leur dossier avec des documents demandés par certaines formations (CV, lettres de motivation, …) et confirmer leurs vœux.

Pour s’adapter à la situation d’urgence sanitaire, le ministère propose divers moyens 2 à l’élève pour terminer la procédure : numéro vert, permanence téléphonique du lycée, messagerie, réseaux sociaux, site web Parcoursup. Les professeur·es, notamment principaux/ales, et les Psychologues de l’Éducation Nationale (PsyEN) sont chargé·es d’aider leurs élèves par n’importe quel moyen. Mais, confiné·es dans leurs familles, les différences de conditions de vie et de logement (fratrie malade, promiscuité, exiguïté, stress, fatigue émotionnelle, insomnie, dépression, équipements insuffisants, services internet limités ou défaillants) devraient s’ajouter aux inégalités sociales pré-existantes et celles habituellement engendrées par Parcoursup 3. Le ministère n’a aucune idée du matériel informatique et de la qualité de la connexion dont disposent les foyers. Il va même jusqu’à exiger que “toute personne qui connaît des candidats résidant en « zone blanche » sans accès à internet est invitée à faire connaître les possibilités aux candidats concernés”. Comment ? Par téléphone ? Le ministère invite-t-il cette personne à rendre visite aux candidat·es alors qu’il est interdit de sortir (ce cas n’est pas prévu parmi ceux permettant une sortie du domicile) ? Les solutions proposées par le ministère ne prennent pas en compte la disponibilité des personnels éducatifs qui ont également aussi une famille et rencontrent eux-mêmes également des problèmes consécutifs au confinement et de la surcharge de travail du suivi à distance des apprentissages de leurs élèves ou étudiant·es.

Avec l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur, c’est à chacun d’eux de résoudre la mise en place de la procédure d’examen des dossiers. Compte tenu des difficultés des jurys des commissions d'examen des vœux et des commissions d'accès à l'enseignement supérieur à se réunir, le risque est grand de voir s'accroître encore le recours aux algorithmes locaux particulièrement stigmatisants et opaques pour les lycéen·nes.

Pour une égalité pour toutes et tous, les syndicats de la FSU (SNASUB, SNEP, SNES, SNESUP, SNETAP, SNUPDEN, SNUEP) demandent un décalage du calendrier prenant en compte la période de confinement à la fois pour la confirmation des vœux mais aussi pour le retour des résultats des établissements d’enseignement supérieur.

Les syndicats de la FSU sont conscients que ce décalage peut engendrer une augmentation de la pression des demandes de logements consécutifs à l’acceptation dans une formation. A charge au gouvernement de mettre les moyens après le confinement pour aider les élèves à trouver un logement. Dans les filières sélectives, les syndicats de la FSU appellent les collègues à examiner les dossiers avec “bienveillance” et attirent l’attention sur les inégalités sociales qu’engendrent les oraux en visioconférences ou par téléphone. Concernant les licences, le SNESUP-FSU réaffirme la nécessité de ne pas classer les dossiers pour permettre l’accès à tous et toutes à l’enseignement supérieur dans la filière du choix de l’élève et rappelle son mot d’ordre “toutes et tous ex aequo”.

__ 1 Ordonnance n°2020-351 et Procédure parcoursup et vovid-19 : organisation des commissions d'examen des vœux : https://services.dgesip.fr/fichiers/Covid_19-Fiche-formations-CEV_.pdf

2 https://www.parcoursup.fr/index.php?desc=covid19

3 https://www.snesup.fr/sites/default/files/fichier/mensuel_ndeg_683_dossier_formation.pdf

lundi 30 mars 2020

Continuité pédagogique : un leurre pour un déni !

Texte recueille sur Forum-section du SNESup avec autorisation de diffusion (30/03/2020). 

Cher.es collègues, cher.es camarades,Après deux semaines de fermeture et presque autant de confinement, je souhaite d’abord que ce mail vous trouvera tou.tes en bonne santé, de même que vos proches. Mais je tiens à revenir sur les interrogations qui nous assaillent en particulier concernant nos enseignements (assortis du vocable de « continuité pédagogique »), et à présent de leur évaluation (à distance), voire pour certain.es -si, si!- du contrôle de la présence à distance, qui conditionnerait le versement des bourses...Bien sûr nous savons tou.tes que le « bouton magique » de Blanquer n’existe pas, que rien n’était prêt et que le système D s’est imposé pour imaginer une poursuite de nos enseignements : sous Elearn, sous WhatsApp, sous Discord, Skype, YouTube...Certain.es d’entre nous se sont même mis avec la meilleure volonté du monde à travailler H24 dans l’urgence pour faire travailler à tous prix nos étudiant.es, parfois suivant un emploi du temps aussi strict qu’avant, ou à se culpabiliser de ne pas savoir le faire assez bien...Mais nous sommes nous demandé si nous n’en avions pas fait trop ?A ce sujet, voici la réponse de Jean-Michel Blanquer au 13h de TF1 le 27/03  : "Le retour que l'on a eu de la part de beaucoup, c'est qu'il y a eu une surcharge de travail pour les élèves »...Voici donc quelques réflexions pour lancer d’éventuels échanges entre nous :- 1. Sur la poursuite de nos enseignements ( nommée « continuité pédagogique ») :Voici la réponse de bon sens du snes :« De son côté, Jean-Michel Blanquer use et abuse de l’expression « continuité pédagogique ». C’est un leurre. La relation à construire avec les élèves dans le contexte actuel est très particulière. Le confinement va durer. Enseigner à distance requiert des compétences spécifiques qui bouleversent nos postures et gestes professionnels. Prenons le temps d'y réfléchir, de fixer des règles d'usage et de fonctionnement (heures et moyens pour se joindre), en songeant à se protéger aussi, dans la durée.

Et n’oublions pas deux choses : A l’impossible, nul n’est tenu : la continuité pédagogique ne s’improvise pas, elle s’apparente plutôt à de la gestion de la discontinuité. Chacun fera au mieux de ses possibilités matérielles et pédagogiques, sans pression inutile ou culpabilisation individuelle. Aujourd’hui, la priorité absolue est bien de surmonter collectivement cette crise sanitaire  : restons chez nous, prenons soin de nos proches et adoptons les gestes élémentaires de sécurité. »

Je complèterai avec le témoignage reçu aujourd’hui de l’un de mes étudiant :« J'essaye juste d'améliorer le plus possible notre façon de travailler, car de mon côté je sens que mon apprentissage n'est pas aussi complet qu'en classe. J'ai déjà exprimé mon avis à M.xxx, qui est le professeur responsable du projet du groupe dans lequel je suis, pour lui expliquer que j'ai moins de temps à consacrer au projet. En effet, j'ai du mal à assimiler toutes les notions que nous abordons dans les différentes matières. Les cours ne ressemblent plus à grand chose, il y a une correction sur deux de disponible/compréhensible. Je sais bien que tout le monde fait comme il le peut dans ces conditions mais j'espère qu'il est possible d'améliorer nos conditions de travail.J'espère que vous comprendrez mon point de vue, et que l'ensemble des enseignants pourront nous aider durant cette période inédite et contraignante pour tout le monde ». Et voici une partie de ma réponse à cet étudiant :« (...) mais oui, votre analyse est très juste. Aucun dispositif distant ne peut remplacer notre enseignement traditionnel. En outre il accroît les inégalités : entre ceux qui ont un bon équipement et une bonne connexion et les autres, entre ceux qui ont des charges domestiques (frères et sœurs, ménage...) et les autres, entre ceux qui sont déjà capables de travailler en autonomie et les autres, entre ceux qui sont confinés dans une chambre universitaire et ceux qui sont dans une maison avec un jardin... Bref les inégalités sociales et familiales préexistantes. »

2- Concernant les examens à distance et le contrôle de « présence » (!!)/assiduité :On peut fortement s’interroger non seulement sur la légitimité, mais même sur la légalité de tels dispositifs. L’affaire de la FOP, à l’uppa avait montré les limites et la contestation possible de toutes les évaluations distantes, tant au niveau des possibilités de fraudes, qu’au niveau des risques de mauvais fonctionnement. L’équipement de l’étudiant.e, voire celui de l’enseignant.e, n’étant pas fourni par l’université, l’accès au réseau supposant un abonnement non pris en charge par l’université, l’accès au réseau pouvant être instable et variable selon les zones (j’habite personnellement en « zone blanche »!) etc., etc.Pour imposer des examens et/ou un contrôle de l’assiduité à distance, il faudrait pouvoir répondre « oui » aux questions suivantes : Est-ce que  l’université :

  • - a équipé tous les étudiants d’ordinateurs ou de tablettes? (Certains étudiants suivent nos cours sur leur téléphone)...
  • - s’est assurée de l'accès des étudiants à l’ordinateur familial (quand il y en a un) au moment des cours dans des conditions d’isolement permettant la concentration ?
  • - a payé des abonnements de durée et de flux suffisants? (Nombreux sont les étudiants qui ont épuisé leur forfait et ne peuvent plus se connecter...)
  • - peut vérifier que tou.tes les étudiant.es ne sont pas malades, ne sont pas aidant d’une personne malade, d’un enfant de moins de 16 ans, n’ont pas des engagement de salariés dans des secteurs prioritaires (...) ?
  • - …

Je crois que vous connaissez les réponses...

lundi 23 mars 2020

LPPR/ Des annonces en trompe-l’œil bien loin de la réalité de l’enseignement supérieur et de la recherche

Le Président de la République vient d’annoncer, le 19 mars 2020, une augmentation du budget de la recherche de 5 Md€ sur dix ans représentant à ses yeux "un effort inédit" depuis 1945. Cette annonce faite en plein cœur d’une crise sanitaire majeure qui met les établissements face à une situation très tendue, notamment du point de vue de la protection des personnels et usagers et de la continuité du service public de l’ESR, pose de nombreuses questions.

Pour l'année budgétaire à venir, cela représenterait une augmentation de 400 millions d'euros a quant à elle précisé Frédérique Vidal.

Contrairement aux apparences, ces annonces ne font que reprendre certains engagements et sont loin de répondre aux besoins urgents que nous exprimons maintenant depuis des mois. Le financement public de l’ESR nécessite un investissement de 3 milliards d’€/an pendant 10 ans pour atteindre l’objectif de 1 % du PIB pour la recherche publique et 2 % du PIB pour l’enseignement supérieur. Nous sommes loin du compte.

Par ailleurs, ces annonces posent des problèmes de fond :

1/ la conversion récente du Président de la République et de son gouvernement à la défense du service public ne nous fait pas oublier les attaques multiples concernant la fonction publique contenues dans les rapports préparatoires au projet de LPPR et au-delà dans la loi de transformation de la fonction publique d'août 2019. Le SNESUP-FSU rappelle son attachement à un service public de l’ESR au service de l’intérêt général et qui permette l’accès et la réussite de tou·tes les étudiant·es ;

2/ le sursaut annoncé repose essentiellement dans un premier temps sur une augmentation du budget de l’ANR. Il ne mettra pas fin aux limites intrinsèques de la recherche sur projet dénoncées par la plupart de la communauté scientifique. Que la recherche publique sur les coronavirus ait été délaissée du fait des mécanismes de concurrence induits par la recherche sur projet devrait pourtant nous alerter sur les dysfonctionnements graves de notre système de recherche. Débloquer des fonds en urgence pour la recherche en "santé globale" et seulement à cause de l'urgence témoigne d'une incompréhension totale de la temporalité propre à la recherche scientifique fondamentale. Faudra-t-il attendre d'autres crises (environnementale, énergétique, alimentaire, sociale, démocratique, etc.) pour que d'autres champs de connaissance bénéficient des fonds nécessaires pour mener leurs recherches ?

Le SNESUP-FSU réaffirme la nécessité d’un financement pluriannuel reposant sur une augmentation significative des crédits de base de tous les laboratoires et non sur la généralisation des appels à projets ;

3/ l’urgence d’un plan massif d’emploi scientifique reste complètement absente des propositions alors qu’elle est au cœur des revendications de la communauté universitaire. 6000 emplois par an sur 10 ans, toutes catégories confondues, sont nécessaires pour mettre fin d’urgence à la politique de précarisation et le recours massif aux vacataires.

Face à la crise actuelle, la responsabilité de toutes et de tous est engagée. La nôtre, mais également celle du ministère qui ne peut se contenter d’annonces en trompe-l’œil. Nous attendons bien mieux.

mercredi 11 mars 2020

Grille Rémunération EC

https://www.snesup.fr/rubrique/remunerations

mardi 28 janvier 2020

LPPR /retraite - Avis du Conseil d’État : incompétence ou manipulation de la part du gouvernement ?

LPPR_SNESup

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