Union Intersyndicale - Université de Toulon

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lundi 30 mars 2020

Où sont les masques de protection contre l’enfumage gouvernemental ?

Syndicat national Force Ouvrière de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche

Membre de la fédération FNEC FP-FO (foesr@foesr.fr www.foesr.fr)

Le Président Macron annonce pour la recherche :« un effort inédit depuis l’après-guerre »

Où sont les masques de protection contre l’enfumage gouvernemental ? Le 19 mars, à l’occasion d’une visite à l’Institut Pasteur, le président de la République et la ministre de l’ESRI ont annoncé des mesures « pour la recherche » présentées comme d’une ampleur rare. Il aurait donc fallu cette grave crise sanitaire pour que nos gouvernants découvrent « le caractère vital de la recherche scientifique et la nécessité d’investir massivement pour le long terme » ?

Ces annonces, sur le financement de la recherche ou sur les carrières, ne résistent pas à l’analyse et relèvent davantage de l’enfumage et de l’opportunité de communiquer que d’un véritable tournant.

Les orientations politiques de la LPPR sont réaffirmées

Une augmentation de 5 Md€ en 10 ans, qui « se traduira notamment par une augmentation du budget de l’Agence nationale de la recherche ANR, un milliard d’euros supplém..., une revalorisation substantielle des carrières, la création de nouvelles chaires de professeurs juniors et une amélioration de l’efficacité de notre système de recherche », a précisé l’Elysée.

Tout cela reste bien sûr dans le cadre de la loi de programmation pluriannuelle sur la recherche (« LPPR ») en cours de préparation et la ministre Frédérique Vidal indique que le gouvernement peut d’ores et déjà « garantir et sécuriser le réinvestissement de 5 Md€ et la première marche de 400 M€ , qu’il y ait ou non une LPPR validée par le parlement dans les mois qui viennent ».

Un gouvernement pourrait garantir et sécuriser des moyens aussi considérables 10 ans à l’avance, sans que le parlement ait son mot à dire ? Selon les chiffres du dossier de presse ministériel1, on n’atteindrait en 2022 (fin du mandat actuel du président) que 800 M€ en augmentations cumulées. S’engager pour une autre mandature, est-ce vraiment un engagement ?

Des annonces d’augmentation en trompe l’œil

Examinons tout de même les chiffres annoncés, est-ce si considérable ? Le Comité National de la Recherche Scientifique chiffrait en juillet 2019 à 2 milliards d’euros supplémentaires chaque année pendant trois ans l’effort nécessaire pour atteindre 1 % du PIB consacré à la recherche publique.

Avec 400 M€ pour la première marche en 2021, on en est loin. Cette annonce reste du même ordre de grandeur que l’augmentation entre 2019 et 2020, qui comble à peine les effets de l’inflation (+1,5 %) et l’augmentation automatique de la masse salariale. Dans les faits la situation ne s’est aucunement améliorée, bien au contraire !

Ce qu’annoncent en réalité le président et la ministre, c’est une aggravation de la politique de financement sur projets.

Il est confirmé que l’essentiel de « l’augmentation » irait à l’ANR et non au financement de base des équipes de recherche.

Pourtant les personnels, les instances scientifiques, les sociétés savantes, demandent d’abord et avant tout qu’on mette fin au manque de moyens récurrents, pour assurer une recherche scientifique qui consacre toute son énergie à la vraie recherche, non à la recherche d’argent, mais à une recherche qui demande du temps, et qui ne doit pas être sommée de « trouver » dans l’urgence.

Évidemment, les scientifiques directement concernés par les recherches sur les coronavirus ne comptent pas leur énergie, mais il est certain que ce que veulent les chercheurs, concernés ou pas par la recherche sur les coronavirus, ce sont des moyens récurrents qui leur assurent la liberté de recherche, seule garante d’une recherche féconde, source de connaissances et de découvertes nouvelles.

C’est précisément cette politique d’étranglement du soutien récurrent et de la liberté de recherche qui a conduit au quasi abandon des recherches sur les coronavirus depuis la précédente crise sanitaire.

Primes, précarité … pendant la crise, le "darwinisme anti-social" continue

L’autre partie de l’augmentation irait à de nouvelles primes et permettrait d’assurer une entrée en carrière pour les nouveaux titulaires chercheurs et enseignants-chercheurs à hauteur de 2 fois le SMIC … pour un âge de titularisation en moyenne 15 ans après le Bac !!!

Ces nouveaux titulaires seront de moins en moins nombreux avec la montée en puissance de l’ANR, avec la loi de transformation de la fonction publique, avec le titre II du projet de LPPR : la précarité sera la règle commune pour les jeunes et durera de plus en plus longtemps !

Et en plus ce qui nous est présenté comme de nouveaux financements, cet « effort inédit », provient en réalité du détournement de l’argent économisé par la baisse de la part patronale des cotisations retraites, programmée par la casse du code des pensions civiles et militaires, dans le cadre de la réforme des retraites !

Ces annonces, visant à "vendre" la LPPR avec un nouvel habillage, sont faites dans un contexte où l’urgence devrait être uniquement la réponse à la crise sanitaire que nous vivons tous.

Dans le même temps où le président Macron dit « suspendre les réformes » et fait cette annonce sur la recherche, le gouvernement a fait adopter une loi d’état d’urgence sanitaire qui permet de déroger par ordonnance au code du travail et au statut général de la fonction publique. Le gouvernement continue en réalité sa politique, crise sanitaire ou pas.

Pas de confinement pour les revendications, FO ESR continue d’intervenir à tous les niveaux pour faire respecter les droits des personnels dans cette situation !

La ministre Vidal doit abandonner son projet de LPPR ! Le gouvernement doit retirer sa réforme des retraites !

Montreuil, le 26 mars 2020

lundi 23 mars 2020

LPPR/ Des annonces en trompe-l’œil bien loin de la réalité de l’enseignement supérieur et de la recherche

Le Président de la République vient d’annoncer, le 19 mars 2020, une augmentation du budget de la recherche de 5 Md€ sur dix ans représentant à ses yeux "un effort inédit" depuis 1945. Cette annonce faite en plein cœur d’une crise sanitaire majeure qui met les établissements face à une situation très tendue, notamment du point de vue de la protection des personnels et usagers et de la continuité du service public de l’ESR, pose de nombreuses questions.

Pour l'année budgétaire à venir, cela représenterait une augmentation de 400 millions d'euros a quant à elle précisé Frédérique Vidal.

Contrairement aux apparences, ces annonces ne font que reprendre certains engagements et sont loin de répondre aux besoins urgents que nous exprimons maintenant depuis des mois. Le financement public de l’ESR nécessite un investissement de 3 milliards d’€/an pendant 10 ans pour atteindre l’objectif de 1 % du PIB pour la recherche publique et 2 % du PIB pour l’enseignement supérieur. Nous sommes loin du compte.

Par ailleurs, ces annonces posent des problèmes de fond :

1/ la conversion récente du Président de la République et de son gouvernement à la défense du service public ne nous fait pas oublier les attaques multiples concernant la fonction publique contenues dans les rapports préparatoires au projet de LPPR et au-delà dans la loi de transformation de la fonction publique d'août 2019. Le SNESUP-FSU rappelle son attachement à un service public de l’ESR au service de l’intérêt général et qui permette l’accès et la réussite de tou·tes les étudiant·es ;

2/ le sursaut annoncé repose essentiellement dans un premier temps sur une augmentation du budget de l’ANR. Il ne mettra pas fin aux limites intrinsèques de la recherche sur projet dénoncées par la plupart de la communauté scientifique. Que la recherche publique sur les coronavirus ait été délaissée du fait des mécanismes de concurrence induits par la recherche sur projet devrait pourtant nous alerter sur les dysfonctionnements graves de notre système de recherche. Débloquer des fonds en urgence pour la recherche en "santé globale" et seulement à cause de l'urgence témoigne d'une incompréhension totale de la temporalité propre à la recherche scientifique fondamentale. Faudra-t-il attendre d'autres crises (environnementale, énergétique, alimentaire, sociale, démocratique, etc.) pour que d'autres champs de connaissance bénéficient des fonds nécessaires pour mener leurs recherches ?

Le SNESUP-FSU réaffirme la nécessité d’un financement pluriannuel reposant sur une augmentation significative des crédits de base de tous les laboratoires et non sur la généralisation des appels à projets ;

3/ l’urgence d’un plan massif d’emploi scientifique reste complètement absente des propositions alors qu’elle est au cœur des revendications de la communauté universitaire. 6000 emplois par an sur 10 ans, toutes catégories confondues, sont nécessaires pour mettre fin d’urgence à la politique de précarisation et le recours massif aux vacataires.

Face à la crise actuelle, la responsabilité de toutes et de tous est engagée. La nôtre, mais également celle du ministère qui ne peut se contenter d’annonces en trompe-l’œil. Nous attendons bien mieux.

mercredi 4 mars 2020

L’université et la recherche s’arrêtent à compter du 5 mars :

Pour la défense du service public de l'enseignement supérieur et de la recherche (ESR)

Pour défendre nos statuts, nos conditions de travail et pour des rémunérations à la hauteur !

L’université et la recherche s’arrêtent à compter du 5 mars :

Toutes et tous en grève !

Selon madame Frédérique Vidal, notre ministre, les personnels de l’ESR propageraient de "fausses nouvelles" sur le contenu de la Loi de Programmation Pluriannelle de la Recherche en préparation (LPPR). Dans une tribune publiée dans Le Monde, lundi 10 février 2020, elle en appelle à "un débat à la hauteur des enjeux" ! Mais comment débattre avec des personnes qui ne vous écoutent pas ? N’avons-nous pas exprimé nos revendications par de multiples canaux depuis de longs mois ? Et ces revendications ne sont-elles pas justement à la hauteur des enjeux ? Comment débattre avec un gouvernement qui ne répond aux revendications que par la répression, dans la rue, dans les universités et jusque dans l’enceinte même des lycées ?

Quant au fond et au cadre de la LPPR, les préconisations issues des 3 groupes de travail constitués par le ministère sont claires : elles prônent les recrutements précaires, des augmentations de budget considérables pour l'ANR, mais pas de crédits pour le soutien de base des laboratoires ! Toutes les mesures sont préconisées sous couvert d’excellence. Citons une des mesures les plus dévastatrices de ce projet de loi : le recours accru au recrutement de contractuel-le-s, à tous les niveaux. La précarité sera encore aggravée particulièrement avec la création du contrat de projet, contrat non transformable en CDI qui n’offre aucune garantie et peut être rompu à tout moment au bon vouloir de l’employeur ; un contrat qui instaure de fait la précarité à vie, car cette précarité est déjà présente tout au long des études avec des montants de bourses trop faibles, des loyers en cité U trop élevés, un manque de personnel de santé au CROUS. En s’attaquant au statut de la fonction publique et à l’égalité d’accès aux emplois publics, ce projet de loi menace les garanties fondamentales de neutralité, de continuité, de compétence et d’indépendance nécessaires à un service public de qualité accessible à toutes et tous sur l’ensemble du territoire.

Ces attaques contre les statuts vont de pair avec les lois de transformation de l’action publique et de casse des systèmes de retraites. Le gouvernement lui-même fait le lien, en écrivant que la LPPR compensera les baisses de nos pensions de retraite, ce que le Conseil d’État a d’ailleurs « retoqué ». En admettant possible ce principe de « vase communiquant », le montant des financements envisagés pour les mesures salariales de la LPPR est ridicule par rapport au montant que l’État compte économiser par la baisse de la « cotisation » employeur de financement des retraites des fonctionnaires ! Pas étonnant, donc, que les revalorisations annoncées soient ridicules, concernent le régime indemnitaire (les primes), ou ne partent pas de la situation actuelle (cas du salaire des jeunes chercheurs et enseignants-chercheurs à l’embauche).

En résumé, la LPPR est une loi pour piloter la recherche grâce à une attribution discrétionnaire et inégalitaire de l’argent fléché sur des projets. L’emploi ne sera développé que sous la forme de postes précaires. Les personnels de la recherche et les équipes seront captifs, soumis envers la hiérarchie et contraints par les appels à projets. Cette loi s’inscrit aussi dans le cadre des politiques de site qui réduisent les politiques scientifiques nationales des organismes de recherche en matière de recrutement et de financement. C’est un coup décisif contre les libertés académiques qui se prépare.

Depuis deux mois, les personnels de l'ESR font grève et manifestent aux côtés des autres salariés du public et du privé pour le retrait du projet de réforme des retraites visant à remplacer le calcul de la pension sur les 6 derniers mois par un système par points intégrant les rémunérations les plus faibles perçues en début de carrière. Malgré les promesses à bon compte formulées par Mme Vidal sur une augmentation possible - et liée pour partie à la "performance"- des primes dans le cadre de la LPPR, les personnels perçoivent que c'est une baisse considérable des pensions qui leur est ainsi promise. Une coordination nationale des facs et laboratoires en luttes s’est tenue les 1er et 2 février 2020 : elle appelle à renforcer la mobilisation avec comme objectif particulier, l’arrêt de l’université et de la recherche à compter du 5 mars. Elle appelle à des Assemblées générales pour discuter de ses propositions et pour mandater des délégués pour une 2ème coordination nationale qui se tiendra les 6 et 7 mars. Dans ce cadre, tous ensemble nous exigeons :

· L’arrêt immédiat de la répression et notamment des violences policières et des gardes à vue ;

· le retrait du projet de loi sur les retraites, attaque frontale contre le statut ;

· l’abandon de ce projet de loi LPPR et l’ouverture de véritables négociations pour la satisfaction des revendications largement exprimées par la communauté scientifique ;

· une augmentation du budget de la recherche publique de 1 milliard d’euros par an pendant dix ans pour atteindre 1% du produit intérieur brut (PIB) de dépenses publiques de recherche et développement ;

· un plan pluriannuel de création d’emplois de fonctionnaires, enseignant-e-s-chercheur-e-s, chercheur-e-s, ingénieur-e-s , technicien-ne-s, personnels de bibliothèques et administratifve-s à hauteur de 6 000 créations par an pendant 10 ans ; et dès à présent, le dégel de tous les emplois vacants ;

· une revalorisation significative des salaires ainsi que le dégel du point d’indice et un rattrapage en nombre de points du pouvoir d’achat perdu depuis 2010 ;

· la fin à la précarité dans l’ESR par la mise en œuvre d’un plan de titularisation des contractuelle-s et vacataires et l’arrêt des recrutements massifs de vacataires, payés sous le SMIC ;

· l’arrêt de l’externalisation et de la privatisation des fonctions supports ;

· un enseignement supérieur public, gratuit ouvert à toutes et à tous et le retrait du décret qui instaure la hausse des droits d’inscription pour les étudiants non communautaires ;

· la revalorisation des bourses, la baisse des loyers en cité universitaire, le recrutement de personnels de santé par le CROUS pour à terme mettre fin à la précarité étudiante.

Nous, organisations syndicales des salarié.e.s, syndicats et associations étudiantes de l’ESR signataires, appelons à organiser des AG à tous les niveaux, dans les labos, les unités, les services, les UFR, pour débattre et voter sur la question de la grève, notamment dans le cadre proposé autour de l’objectif « l’université et la recherche s’arrêtent à partir du 5 mars 2020 » ainsi que des suites à construire. Nous appelons aussi à soutenir toutes les mobilisations notamment le 8 mars (Journée internationale des femmes) et les 13 et 14 mars (Journée internationale pour le climat) jusqu'à l'abandon des projets de loi précités et pour un plan pluriannuel de programmation de la recherche qui réponde aux revendications des personnels de l’ESR, et qui leur rende des moyens et des conditions de travail de qualité.

SIGNATAIRES : FO-ESR, SUD RECHERCHE EPST-SOLIDAIRES, SUD EDUCATION, SOLIDAIRES ETUDIANT·E·S, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNCS-FSU, SNASUB-FSU, CGT-FERC SUP, SNTRS-CGT, CGT-INRA, L’ALTERNATIVE, UNEF, ANCMSP, FACS ET LABOS EN LUTTE.

Pour ne plus recevoir les messages des Listes syndicales sud-recherche-epst, cliquez sur ce lien : https://listes.services.cnrs.fr/wws/family_signoff_request/sud-recherche-epst/stephane.mounier%40mio.osupytheas.fr

samedi 29 février 2020

Motion UFR STAPS

Les membres signataires de cette motion, personnels administratifs, enseignants et enseignants chercheurs de l’UFR STAPS de l’Université de Toulon réunis le 19 février 2020 affirment être solidaires du mouvement social contre la réforme des retraites et expriment leur vive inquiétude face aux rapports préparatoires de la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) envisagée par le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Nous réaffirmons notre attachement à une université ouverte, collaborative et libre. Concernant la LPPR, nous nous opposons :

  • - à toute mesure institutionnalisant la précarité des emplois dans l’enseignement supérieur et la recherche par la normalisation des contrats à durée déterminée (Cf. « CDI de projet » ou de « chantier », tenure- tracks, augmentation des vacations déjà fort nombreuses, etc.),
  • - à toute mesure tendant à mettre en cause le statut des enseignants-chercheurs (suppression du référentiel des 192 h, imposition de la modulation des services, suppression des heures complémentaires),
  • - à la substitution de la notion de volume horaire par celle d’ECTS qui pourra conduire à un accroissement des volumes horaires pour les EC et PRAG sans heures complémentaires et sans compensation suffisante,
  • - à la baisse des soutiens récurrents (financiers et personnels) remplacés par des financements sur projet et primes individuelles qui vont renforcer les inégalités entre universités, entre équipes et au sein des équipes,
  • - au maintien en l'état des dispositifs d'incitation à la recherche partenariale et à l'innovation, dont la performance est très insuffisante (CICE et CIR en particulier),
  • - à une mise en concurrence encore accrue des laboratoires et des chercheur.e.s et à la limitation de la liberté de la recherche,
  • - à l’institutionnalisation d’une université française à plusieurs vitesses, contraire au principe républicain de l’égalité des chances sur tout le territoire,
  • - à toute politique visant à restreindre le système d’évaluation par les pairs pour lui substituer un pilotage non-scientifique, quantitatif et managérial,
  • - à toute dégradation du travail des personnels de gestion et d’administration.

Concernant la réforme de la retraites : De multiples analyses, depuis plusieurs semaines, montrent le caractère régressif de cette réforme établissant un système « par points ». Son véritable but est de limiter – et de fait de diminuer – le montant des pensions de retraite, tout en allongeant la durée des carrières. La plupart des actifs (publics et privés) et des retraité·e·s seraient « perdant·e·s » dans cette réforme, et particulièrement les fonctionnaires, alors que leur niveau de vie ne cesse déjà de diminuer depuis de nombreuses années. Cette réforme affecterait très durement tout le personnel de l'enseignement supérieur et de la recherche, un secteur de plus en plus marqué par des carrières tardives et accidentées. Les plus précaires et les moins bien payé·e·s, surtout les femmes, en seraient les principales victimes.

Nous demandons :

  • - l’abandon de la réforme de la retraite par points et une réelle concertation afin d’améliorer le système de retraites existant hérité du CNR,
  • - l’augmentation nette et durable du nombre de titulaires recruté.e.s, chercheurs, comme enseignants et personnels d'appui, afin de permettre au moins le maintien des effectifs et de fournir des débouchés aux nombreux jeunes réduits à la précarité,
  • - la revalorisation des carrières de tous les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (chercheurs, enseignants, enseignants chercheurs, ingénieurs, BIATTS, ITA), et en particulier des plus jeunes (sans que cela soit limité aux chercheurs, enseignants et enseignants-chercheurs recrutés en 2021),
  • - l'augmentation du nombre des contrats doctoraux et leur revalorisation,
  • - l’augmentation des budgets et des dotations récurrentes des laboratoires, indispensable à la sérendipité et à l’efficacité d’une recherche publique ambitieuse, à la hauteur des défis contemporains de tous ordres,
  • - le transfert des budgets du crédit impôt recherche à la recherche publique.

Les membres signataires de l’UFR Staps appellent l’ensemble des collègues de l’enseignement supérieur et de la recherche à soutenir et à participer aux mouvements de lutte contre ces réformes et le démantèlement des services publics. Nous sommes solidaires de l’ensemble des secteurs mobilisés.

lundi 24 février 2020

Motion du Conseil plénier de l’UFR Sciences et Techniques du 20 février 2020

Les membres du Conseil plénier de l’UFR Sciences et Techniques de l’Université de Toulon se sont réunis le 20 février 2020. Attachés à un service public de qualité et aux libertés académiques, ils s’opposent aux orientations contenues dans les rapports préparatoires à la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR), reposant sur des principes favorisant les inégalités et des formes multiples de précarisation. Ils déplorent notamment : - la mise en place d’un système universitaire à deux vitesses qui oppose les universités et compromet l’accès égalitaire au savoir sur l’ensemble du territoire national, - le démantèlement du statut national des enseignants-chercheurs, après celui des BIATSS, - l’alourdissement de la charge de travail déjà très conséquente des personnels enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs et administratifs, - la mise en concurrence des individus, des unités et des laboratoires, - la part croissante des financements sur appels à projets, alors que notre UFR a un besoin criant de financements récurrents conséquents, tant pour la formation que pour la recherche (matériels et produits étant nécessaires dans ces deux missions). - la précarisation grandissante des jeunes chercheurs et chercheuses.

Toutes ces évolutions font peser des menaces graves sur la qualité de la recherche et la formation des étudiants. Elles compromettent l’exercice futur des missions de l’Université. Les membres du conseil sont particulièrement attachés à une conception collective et collaborative de la recherche. Soucieux de préserver une université publique ouverte à tous, ils demandent en particulier : - l’augmentation du nombre de postes de titulaires, enseignants, enseignants‐chercheurs et BIATSS, pour avoir les moyens humains de remplir l’ensemble des missions de l’Université, - le maintien d’un statut national pour les personnels, - l’augmentation du financement récurrent des activités de formation et de recherche, indépendamment des financements sur projets. En conséquence, les membres du conseil : - s’associent à la journée du 5 mars « L’université et la recherche s’arrêtent » et demandent à la gouvernance de banaliser les cours à cet effet, - s’associent à la mobilisation nationale en défense d’une université publique de qualité, indépendante et ouverte à tous, basée sur le recrutement en nombre suffisant de personnels enseignants et BIATSS titulaires, sur un financement pérenne de la recherche et de la formation et sur un fonctionnement démocratique par le biais d’instances délibératives élues.

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