Communiqué de presse Publié le jeudi 19 mars 2020 et modifié le vendredi 20 mars 2020

__L’improvisation autour de la mise en place de la « continuité pédagogique » n’aura pas échappé aux personnels et aux élèves et étudiant-e-s de l’Éducation Nationale,de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche . Elle n’a pas échappé non plus à l’association d’éducation populaire et de promotion du logiciel libre Framasoft, connue pour proposer des services en ligne (édition collaborative de documents, visioconférences, etc.) afin de « dégoogliser Internet », avec des alternatives fondées sur des logiciels libres et qui n’exploitent pas nos données à des fins commerciales ou policières. __ Le ministère de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse et celui de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'innovation ont incité ces derniers jours les personnels enseignants et administratifs à utiliser massivement les services de Framasoft. Un trop grand nombre de connexions simultanées a entraîné une surcharge des serveurs et a contraint l’association à suspendre ses services.

Le ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse et la ministre de l'Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l'innovation claironnaient “on est prêt” dans les media. Pourtant, au lieu de s’assurer que les infrastructures de l’enseignement national puissent supporter l’afflux soudain de connexions et d’utilisateur-trice-s, il et elle ont préféré renvoyer sur des initiatives privées et des associations. Cette attitude est révélatrice de l’idéologie libérale qui préside aux décisions des deux ministres.

La fédération SUD éducation apporte son soutien de longue date à Framasoft, notamment sur le plan financier, et dénonce fermement l’attitude irresponsable des deux ministères. SUD éducation exige la correction immédiate des consignes données aux personnels. Les ministères doivent déjà assurer la stabilité des outils existants et, si nécessaire, mettre en place des solutions hébergées par les ministères eux-mêmes, accessibles pour toutes et tous, et fondées sur des logiciels libres. Ces services n’auraient en aucun cas vocation à se substituer à l’enseignement en présentiel. Elle appelle à la vigilance concernant l’enseignement numérique à distance, qui accroît considérablement les inégalités scolaires et représente un cheval de Troie pour la suppression de postes d’enseignant-e-s à tous les niveaux d’enseignement.