Union Intersyndicale - Université de Toulon

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jeudi 2 avril 2020

POUR UN TRAITEMENT MOINS INÉGALITAIRE, UN REPORT DE LA PROCÉDURE D’AFFECTATION «PARCOURSUP » EST INDISPENSABLE

Malgré la situation de confinement due au coronavirus, le calendrier Parcoursup est maintenu sous prétexte que la procédure est totalement dématérialisée 1. Les élèves ont donc jusqu’au 2 avril pour compléter leur dossier avec des documents demandés par certaines formations (CV, lettres de motivation, …) et confirmer leurs vœux.

Pour s’adapter à la situation d’urgence sanitaire, le ministère propose divers moyens 2 à l’élève pour terminer la procédure : numéro vert, permanence téléphonique du lycée, messagerie, réseaux sociaux, site web Parcoursup. Les professeur·es, notamment principaux/ales, et les Psychologues de l’Éducation Nationale (PsyEN) sont chargé·es d’aider leurs élèves par n’importe quel moyen. Mais, confiné·es dans leurs familles, les différences de conditions de vie et de logement (fratrie malade, promiscuité, exiguïté, stress, fatigue émotionnelle, insomnie, dépression, équipements insuffisants, services internet limités ou défaillants) devraient s’ajouter aux inégalités sociales pré-existantes et celles habituellement engendrées par Parcoursup 3. Le ministère n’a aucune idée du matériel informatique et de la qualité de la connexion dont disposent les foyers. Il va même jusqu’à exiger que “toute personne qui connaît des candidats résidant en « zone blanche » sans accès à internet est invitée à faire connaître les possibilités aux candidats concernés”. Comment ? Par téléphone ? Le ministère invite-t-il cette personne à rendre visite aux candidat·es alors qu’il est interdit de sortir (ce cas n’est pas prévu parmi ceux permettant une sortie du domicile) ? Les solutions proposées par le ministère ne prennent pas en compte la disponibilité des personnels éducatifs qui ont également aussi une famille et rencontrent eux-mêmes également des problèmes consécutifs au confinement et de la surcharge de travail du suivi à distance des apprentissages de leurs élèves ou étudiant·es.

Avec l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur, c’est à chacun d’eux de résoudre la mise en place de la procédure d’examen des dossiers. Compte tenu des difficultés des jurys des commissions d'examen des vœux et des commissions d'accès à l'enseignement supérieur à se réunir, le risque est grand de voir s'accroître encore le recours aux algorithmes locaux particulièrement stigmatisants et opaques pour les lycéen·nes.

Pour une égalité pour toutes et tous, les syndicats de la FSU (SNASUB, SNEP, SNES, SNESUP, SNETAP, SNUPDEN, SNUEP) demandent un décalage du calendrier prenant en compte la période de confinement à la fois pour la confirmation des vœux mais aussi pour le retour des résultats des établissements d’enseignement supérieur.

Les syndicats de la FSU sont conscients que ce décalage peut engendrer une augmentation de la pression des demandes de logements consécutifs à l’acceptation dans une formation. A charge au gouvernement de mettre les moyens après le confinement pour aider les élèves à trouver un logement. Dans les filières sélectives, les syndicats de la FSU appellent les collègues à examiner les dossiers avec “bienveillance” et attirent l’attention sur les inégalités sociales qu’engendrent les oraux en visioconférences ou par téléphone. Concernant les licences, le SNESUP-FSU réaffirme la nécessité de ne pas classer les dossiers pour permettre l’accès à tous et toutes à l’enseignement supérieur dans la filière du choix de l’élève et rappelle son mot d’ordre “toutes et tous ex aequo”.

__ 1 Ordonnance n°2020-351 et Procédure parcoursup et vovid-19 : organisation des commissions d'examen des vœux : https://services.dgesip.fr/fichiers/Covid_19-Fiche-formations-CEV_.pdf

2 https://www.parcoursup.fr/index.php?desc=covid19

3 https://www.snesup.fr/sites/default/files/fichier/mensuel_ndeg_683_dossier_formation.pdf

lundi 30 mars 2020

Reporter les concours et promotions 2020 après la fin de la crise sanitaire, sans préjudice pour les agents

Chère collègue, cher collègue,

Dans les organismes de recherche le printemps correspond à l'époque des concours externes chercheurs et des concours internes et du lancement des campagnes de promotion pour les ingénieurs et techniciens . Tout le monde comprendra que le confinement n'offre pas des conditions correctes pour les auditions, ni pour les épreuves écrites des concours internes. Il ne permet pas non plus d'envisager des entretiens annuels dans le cadre de la promotion au choix des ingénieurs et techniciens durant cette période exceptionnelle. L'égalité de traitement entre candidats, l'impartialité des concours, la rédaction des dossiers de carrière, tout cela serait impossible à assurer dans ces conditions

C'est la raison pour laquelle dès l'annonce du confinement nous sommes intervenus auprès de la Direction du CNRS pour demander le report des auditions des concours chercheurs, les épreuves et auditions des concours internes et ainsi que les campagnes de promotions au choix des ingénieurs et techniciens. (Courrier adressé au PDG du CNRS).

Nous sommes également intervenus dans le cadre d'une réunion en multilatérale (présence de toutes les organisations syndicales) auprès du ministère sur cette question pour demander le report des concours et examens. Cependant, nous sommes attachés à l'établissement d'un nouveau calendrier pour permettre à ces différents examens et concours rendent possible une prise de fonction avant la fin 2020. Nous avons demandé au ministère de travailler avec les organisations syndicales à l’homogénéisation des pratiques pour tout l'enseignement supérieur et la recherche (ESR). Ceci enfin de faire bénéficier des mesures les mieux « disantes » à tous ses personnels.

A ce jour les réponses de la Direction du CNRS restent insatisfaisantes. Les concours chercheurs sont bien « pour l'instant » reportés au CNRS mais le calendrier reste inchangé pour les concours internes ingénieurs et techniciens et les campagnes de promotion au choix. A contrario, la Direction de l'INSERM a reporté de sa propre initiative toutes les campagnes de concours, sans toucher pour l’instant au calendrier des campagnes de promotions aux choix.

Plus généralement dans l'enseignement supérieur et la recherche (ESR), le ministère hésite encore à reporter tous les concours, en particulier pour les enseignants-chercheurs dont la prise de fonction correspond à la rentrée universitaire.

Nous continuons de penser qu'en période de confinement, la seule solution raisonnable est dans tous les cas le report. Nous vivons une période dramatique, où la priorité doit être centrée sur la gestion de la crise, la résilience et non la tenue stricte d'un calendrier établi en temps de « paix ». Les directions des établissements doivent prendre la mesure de ce que représente un confinement dans la gestion du quotidien : gérer les enfants, les parents, le stress, la vie dans un espace réduit avec des moyens de communication peu fiables.

Les concours entrants de titulaires et les promotions sont des éléments essentiels de ce qu'on appelle "l'attractivité" du système de recherche pourtant tant dégradé par les politiques de marchandisation et soumission du service public de l'ESR aux intérêts privés que nous subissons depuis vingt ans.

Il est essentiel de continuer à recruter et promouvoir avec les garanties maximales d'impartialité et ce d'autant plus que ces possibilités ont une fois de plus réduites dans le cadre du budget 2020.  C'est ainsi qu'on recrutera au CNRS 240 chargés de recherche cette année contre 300 il y a encore deux ans !
C'est d'ailleurs en plein confinement que le gouvernement a annoncé le 19 mars  ses "ambitions" en matière de financement de la recherche (Une prescription totalement inadaptée au diagnostic) Une véritable provocation à l'heure où le grand public peut se laisser impressionner par de grands nombres associés au mot "recherche". Mais où ces sommes  ne sont non seulement pas à la hauteur des besoins mais ne laissent entrevoir aucune amélioration sur le front de l'emploi public et de la résorption de la précarité.
Au-delà du sauvetage de la campagne 2020, le SNTRS-CGT exige dès 2021 une programmation de recrutements de titulaires qui corresponde à l'équivalent de 50000 emplois à temps plein recherche supplémentaires sur 4 ans entraînant une dépense supplémentaire de 625 millions chaque année.
Il réaffirme aussi  qu'il faut revaloriser l'ensemble des carrières en cohérence avec les qualifications et les missions (Pour une loi de programmation qui réponde aux besoins de recherche et aux revendications des personnels).

SNTRS - CGT 7 rue Guy Môquet Bâtiment i 94800 VILLEJUIF cedex Téléphone : 01 49 58 35 85 ; Courriel : sntrscgt@vjf.cnrs.fr

Continuité de l’activité dans l’ESR : l’urgence est surtout sanitaire

Publié le lundi 16 mars 2020 sur https://www.sudeducation.org/Continuite-de-l-activite-dans-l-ESR-l-urgence-est-surtout-sanitaire.html

__Incohérence de l’action gouvernementale __La séquence qui s’est ouverte jeudi soir dernier avec l’allocution du Président de la République a été marquée par les incohérences et contradictions de l’action gouvernementale. Des présidences d’université ont cru pouvoir annoncer des fermetures d’université vendredi matin, avant d’être démenties en cours de journée par un Ministère déterminé à maintenir le personnel à son poste dans les établissements, au mépris du risque sanitaire aussi bien pour le personnel que pour le reste de la population lorsque la réduction des déplacements, réunions et contacts non-indispensables doit constituer la priorité. Finalement, dimanche dans l’après-midi, le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche a adressé des instructions aux directions et présidences des établissements, confirmant la fermeture de toutes les activités ouvertes au public et appelant à privilégier le télétravail. SUD éducation regrette que ces instructions aient été relayées très tardivement dans plusieurs établissements, prolongeant l’inquiétude de nombre de collègues craignant de se rendre dans leur établissement lundi 16 mars.

__Télétravail et crise sanitaire __SUD éducation s’inquiète ensuite de la préconisation, contenue dans les instructions ministérielle et mise en œuvre dans les établissements, de maintenir les activités d’administration, d’enseignement ou de recherche par le recours au télétravail. Lorsque les collègues ne disposent pas à leur domicile du matériel nécessaire (connexion internet, ordinateur, logiciels, etc), SUD éducation appelle les collègues à résister à toute pression à se rendre sur leur lieu de travail, et à user pleinement des instructions du Ministère qui précise qu’au cas où le télétravail ne serait pas possible, « les personnels pourront bénéficier d’une autorisation spéciale d’absence (ASA) ». SUD éducation rejette l’idée selon laquelle « les personnes contraintes de rester chez elles pour garder leurs enfants devront privilégier le télétravail » : le Ministère semble ignorer que la garde des enfants constitue une activité à temps plein, en ce sens incompatible avec la poursuite du travail. En ces temps de crise sanitaire qui amène à la fermeture des crèches, écoles, collèges et lycées, l’activité des personnels qui sont aussi parents ne saurait continuer comme si de rien n’était.

__L’enseignement à distance comme panacée ? __Pour l’ensemble des personnels, une mise en télétravail massive, sans préparation ni encadrement, ne peut que provoquer un surcroît de travail. C’est le cas aussi bien pour les activités d’administration que pour celles d’enseignement. Lorsqu’il est proposé dans des formations, l’enseignement à distance (EAD) fait l’objet d’une réflexion pédagogique approfondie et d’un long travail d’élaboration et de mise en place. Suggérer qu’une « continuité pédagogique » pourrait être assurée vis-à-vis de l’ensemble des étudiant-e-s par le recours à l’EAD ressort soit de l’ignorance, soit d’un mépris à l’égard de l’activité d’enseignement et des attentes des étudiant-e-s en matière de formation. Lorsque dans le courrier aux organisations syndicales qui accompagne les instructions, la Ministre écrit qu’elle souhaite que l’enseignement supérieur et la recherche puisse « rayonner, sous une forme numérique cette fois », il y a là une double indécence. La première indécence, c’est l’obstination du Ministère à maintenir les personnels attelé-e-s à leur travail à un moment où les priorités doivent aller à la santé de chacun-e, ainsi qu’à la garde et au soin des proches et des personnes vulnérables qui nous entourent. La seconde indécence, c’est l’opportunisme morbide qui point ici, puisque la numérisation des activités d’enseignement constitue une orientation forte de la politique du Ministère, comme les appels à projet « Nouveaux cursus à l’université » du PIA3 l’ont illustré ces dernières années. Loin d’être l’outil infaillible de la démocratisation des savoirs, le numérique peut renforcer les inégalités, a fortiori pendant la période qui s’ouvre avec la crise sanitaire présente : le télétravail des parents et l’EAD pour les enfants peut constituer une perspective réaliste pour une bourgeoisie qui universalise ses conditions matérielles d’existence ; elle l’est moins pour les familles qui devront se partager l’unique poste de travail disponible.

SUD éducation appelle les personnels à :

  • affirmer que la garde des enfants et personnes vulnérables n’est pas compatible avec la poursuite du travail ;
  • résister à toute pression à se rendre sur leur lieu de travail pour accomplir toute tâche qui peut être effectuée à distance ;
  • solliciter des autorisations spéciales d’absence lorsque les conditions du télétravail ne sont pas réunies ;
  • borner les temps de consultation des mails et surtout à bien informer les étudiant-e-s et hiérarchies que les réponses à leurs sollicitations ne seront pas immédiates : crise ou pas, le droit à la déconnexion des personnels doit être respecté ;
  • résister à la pression des directions et présidences d’établissement à assurer une « continuité pédagogique », lorsque l’urgence est sanitaire ;
  • ne pas se précipiter pour mettre en ligne des supports pédagogiques, mais conduire une réflexion collective sur les inégalités que le numérique peut renforcer et sur les conditions d’un enseignement à distance ;
  • porter une attention accrue à la situation des collègues et des étudiant-e-s les plus précarisé-e-s, en défendant le paiement des vacations prévues pendant la période de fermeture des universités, le maintien des contractuel-le-s en poste et le prolongement de la trêve hivernale dans les CROUS.

SUD Education - Solidaires / SUD Éducation Var / Union syndicale Solidaires Var Siège du syndicat / La Luciole / 36 rue Émile Vincent / 83000 Toulon

Continuité pédagogique : un leurre pour un déni !

Texte recueille sur Forum-section du SNESup avec autorisation de diffusion (30/03/2020). 

Cher.es collègues, cher.es camarades,Après deux semaines de fermeture et presque autant de confinement, je souhaite d’abord que ce mail vous trouvera tou.tes en bonne santé, de même que vos proches. Mais je tiens à revenir sur les interrogations qui nous assaillent en particulier concernant nos enseignements (assortis du vocable de « continuité pédagogique »), et à présent de leur évaluation (à distance), voire pour certain.es -si, si!- du contrôle de la présence à distance, qui conditionnerait le versement des bourses...Bien sûr nous savons tou.tes que le « bouton magique » de Blanquer n’existe pas, que rien n’était prêt et que le système D s’est imposé pour imaginer une poursuite de nos enseignements : sous Elearn, sous WhatsApp, sous Discord, Skype, YouTube...Certain.es d’entre nous se sont même mis avec la meilleure volonté du monde à travailler H24 dans l’urgence pour faire travailler à tous prix nos étudiant.es, parfois suivant un emploi du temps aussi strict qu’avant, ou à se culpabiliser de ne pas savoir le faire assez bien...Mais nous sommes nous demandé si nous n’en avions pas fait trop ?A ce sujet, voici la réponse de Jean-Michel Blanquer au 13h de TF1 le 27/03  : "Le retour que l'on a eu de la part de beaucoup, c'est qu'il y a eu une surcharge de travail pour les élèves »...Voici donc quelques réflexions pour lancer d’éventuels échanges entre nous :- 1. Sur la poursuite de nos enseignements ( nommée « continuité pédagogique ») :Voici la réponse de bon sens du snes :« De son côté, Jean-Michel Blanquer use et abuse de l’expression « continuité pédagogique ». C’est un leurre. La relation à construire avec les élèves dans le contexte actuel est très particulière. Le confinement va durer. Enseigner à distance requiert des compétences spécifiques qui bouleversent nos postures et gestes professionnels. Prenons le temps d'y réfléchir, de fixer des règles d'usage et de fonctionnement (heures et moyens pour se joindre), en songeant à se protéger aussi, dans la durée.

Et n’oublions pas deux choses : A l’impossible, nul n’est tenu : la continuité pédagogique ne s’improvise pas, elle s’apparente plutôt à de la gestion de la discontinuité. Chacun fera au mieux de ses possibilités matérielles et pédagogiques, sans pression inutile ou culpabilisation individuelle. Aujourd’hui, la priorité absolue est bien de surmonter collectivement cette crise sanitaire  : restons chez nous, prenons soin de nos proches et adoptons les gestes élémentaires de sécurité. »

Je complèterai avec le témoignage reçu aujourd’hui de l’un de mes étudiant :« J'essaye juste d'améliorer le plus possible notre façon de travailler, car de mon côté je sens que mon apprentissage n'est pas aussi complet qu'en classe. J'ai déjà exprimé mon avis à M.xxx, qui est le professeur responsable du projet du groupe dans lequel je suis, pour lui expliquer que j'ai moins de temps à consacrer au projet. En effet, j'ai du mal à assimiler toutes les notions que nous abordons dans les différentes matières. Les cours ne ressemblent plus à grand chose, il y a une correction sur deux de disponible/compréhensible. Je sais bien que tout le monde fait comme il le peut dans ces conditions mais j'espère qu'il est possible d'améliorer nos conditions de travail.J'espère que vous comprendrez mon point de vue, et que l'ensemble des enseignants pourront nous aider durant cette période inédite et contraignante pour tout le monde ». Et voici une partie de ma réponse à cet étudiant :« (...) mais oui, votre analyse est très juste. Aucun dispositif distant ne peut remplacer notre enseignement traditionnel. En outre il accroît les inégalités : entre ceux qui ont un bon équipement et une bonne connexion et les autres, entre ceux qui ont des charges domestiques (frères et sœurs, ménage...) et les autres, entre ceux qui sont déjà capables de travailler en autonomie et les autres, entre ceux qui sont confinés dans une chambre universitaire et ceux qui sont dans une maison avec un jardin... Bref les inégalités sociales et familiales préexistantes. »

2- Concernant les examens à distance et le contrôle de « présence » (!!)/assiduité :On peut fortement s’interroger non seulement sur la légitimité, mais même sur la légalité de tels dispositifs. L’affaire de la FOP, à l’uppa avait montré les limites et la contestation possible de toutes les évaluations distantes, tant au niveau des possibilités de fraudes, qu’au niveau des risques de mauvais fonctionnement. L’équipement de l’étudiant.e, voire celui de l’enseignant.e, n’étant pas fourni par l’université, l’accès au réseau supposant un abonnement non pris en charge par l’université, l’accès au réseau pouvant être instable et variable selon les zones (j’habite personnellement en « zone blanche »!) etc., etc.Pour imposer des examens et/ou un contrôle de l’assiduité à distance, il faudrait pouvoir répondre « oui » aux questions suivantes : Est-ce que  l’université :

  • - a équipé tous les étudiants d’ordinateurs ou de tablettes? (Certains étudiants suivent nos cours sur leur téléphone)...
  • - s’est assurée de l'accès des étudiants à l’ordinateur familial (quand il y en a un) au moment des cours dans des conditions d’isolement permettant la concentration ?
  • - a payé des abonnements de durée et de flux suffisants? (Nombreux sont les étudiants qui ont épuisé leur forfait et ne peuvent plus se connecter...)
  • - peut vérifier que tou.tes les étudiant.es ne sont pas malades, ne sont pas aidant d’une personne malade, d’un enfant de moins de 16 ans, n’ont pas des engagement de salariés dans des secteurs prioritaires (...) ?
  • - …

Je crois que vous connaissez les réponses...

Où sont les masques de protection contre l’enfumage gouvernemental ?

Syndicat national Force Ouvrière de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche

Membre de la fédération FNEC FP-FO (foesr@foesr.fr www.foesr.fr)

Le Président Macron annonce pour la recherche :« un effort inédit depuis l’après-guerre »

Où sont les masques de protection contre l’enfumage gouvernemental ? Le 19 mars, à l’occasion d’une visite à l’Institut Pasteur, le président de la République et la ministre de l’ESRI ont annoncé des mesures « pour la recherche » présentées comme d’une ampleur rare. Il aurait donc fallu cette grave crise sanitaire pour que nos gouvernants découvrent « le caractère vital de la recherche scientifique et la nécessité d’investir massivement pour le long terme » ?

Ces annonces, sur le financement de la recherche ou sur les carrières, ne résistent pas à l’analyse et relèvent davantage de l’enfumage et de l’opportunité de communiquer que d’un véritable tournant.

Les orientations politiques de la LPPR sont réaffirmées

Une augmentation de 5 Md€ en 10 ans, qui « se traduira notamment par une augmentation du budget de l’Agence nationale de la recherche ANR, un milliard d’euros supplém..., une revalorisation substantielle des carrières, la création de nouvelles chaires de professeurs juniors et une amélioration de l’efficacité de notre système de recherche », a précisé l’Elysée.

Tout cela reste bien sûr dans le cadre de la loi de programmation pluriannuelle sur la recherche (« LPPR ») en cours de préparation et la ministre Frédérique Vidal indique que le gouvernement peut d’ores et déjà « garantir et sécuriser le réinvestissement de 5 Md€ et la première marche de 400 M€ , qu’il y ait ou non une LPPR validée par le parlement dans les mois qui viennent ».

Un gouvernement pourrait garantir et sécuriser des moyens aussi considérables 10 ans à l’avance, sans que le parlement ait son mot à dire ? Selon les chiffres du dossier de presse ministériel1, on n’atteindrait en 2022 (fin du mandat actuel du président) que 800 M€ en augmentations cumulées. S’engager pour une autre mandature, est-ce vraiment un engagement ?

Des annonces d’augmentation en trompe l’œil

Examinons tout de même les chiffres annoncés, est-ce si considérable ? Le Comité National de la Recherche Scientifique chiffrait en juillet 2019 à 2 milliards d’euros supplémentaires chaque année pendant trois ans l’effort nécessaire pour atteindre 1 % du PIB consacré à la recherche publique.

Avec 400 M€ pour la première marche en 2021, on en est loin. Cette annonce reste du même ordre de grandeur que l’augmentation entre 2019 et 2020, qui comble à peine les effets de l’inflation (+1,5 %) et l’augmentation automatique de la masse salariale. Dans les faits la situation ne s’est aucunement améliorée, bien au contraire !

Ce qu’annoncent en réalité le président et la ministre, c’est une aggravation de la politique de financement sur projets.

Il est confirmé que l’essentiel de « l’augmentation » irait à l’ANR et non au financement de base des équipes de recherche.

Pourtant les personnels, les instances scientifiques, les sociétés savantes, demandent d’abord et avant tout qu’on mette fin au manque de moyens récurrents, pour assurer une recherche scientifique qui consacre toute son énergie à la vraie recherche, non à la recherche d’argent, mais à une recherche qui demande du temps, et qui ne doit pas être sommée de « trouver » dans l’urgence.

Évidemment, les scientifiques directement concernés par les recherches sur les coronavirus ne comptent pas leur énergie, mais il est certain que ce que veulent les chercheurs, concernés ou pas par la recherche sur les coronavirus, ce sont des moyens récurrents qui leur assurent la liberté de recherche, seule garante d’une recherche féconde, source de connaissances et de découvertes nouvelles.

C’est précisément cette politique d’étranglement du soutien récurrent et de la liberté de recherche qui a conduit au quasi abandon des recherches sur les coronavirus depuis la précédente crise sanitaire.

Primes, précarité … pendant la crise, le "darwinisme anti-social" continue

L’autre partie de l’augmentation irait à de nouvelles primes et permettrait d’assurer une entrée en carrière pour les nouveaux titulaires chercheurs et enseignants-chercheurs à hauteur de 2 fois le SMIC … pour un âge de titularisation en moyenne 15 ans après le Bac !!!

Ces nouveaux titulaires seront de moins en moins nombreux avec la montée en puissance de l’ANR, avec la loi de transformation de la fonction publique, avec le titre II du projet de LPPR : la précarité sera la règle commune pour les jeunes et durera de plus en plus longtemps !

Et en plus ce qui nous est présenté comme de nouveaux financements, cet « effort inédit », provient en réalité du détournement de l’argent économisé par la baisse de la part patronale des cotisations retraites, programmée par la casse du code des pensions civiles et militaires, dans le cadre de la réforme des retraites !

Ces annonces, visant à "vendre" la LPPR avec un nouvel habillage, sont faites dans un contexte où l’urgence devrait être uniquement la réponse à la crise sanitaire que nous vivons tous.

Dans le même temps où le président Macron dit « suspendre les réformes » et fait cette annonce sur la recherche, le gouvernement a fait adopter une loi d’état d’urgence sanitaire qui permet de déroger par ordonnance au code du travail et au statut général de la fonction publique. Le gouvernement continue en réalité sa politique, crise sanitaire ou pas.

Pas de confinement pour les revendications, FO ESR continue d’intervenir à tous les niveaux pour faire respecter les droits des personnels dans cette situation !

La ministre Vidal doit abandonner son projet de LPPR ! Le gouvernement doit retirer sa réforme des retraites !

Montreuil, le 26 mars 2020

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